La néophobie alimentaire chez l’enfant : c’est quoi ?

« J’aime pas », « c’est pas bon », sont certainement les phrases les plus redoutées par les parents d’enfants qui souffrent de néophobie. La néophobie alimentaire touche environ 50 à 75% des enfants âgés de 2 à 10 ans, elle se traduit par un sentiment d’angoisse réelle face à de nouveaux aliments. Souvent prise pour un caprice, la néophobie est pourtant un phénomène bel et bien réel mais transitoire ! Comment dépasser cet épisode décourageant sans en passer par la crise de nerfs ? Quelques réponses dans cet article !

néophobie alimentaire

Votre enfant souffre-t-il de néophobie alimentaire ?

La première étape pour mieux vivre la néophobie alimentaire de l’enfant est de connaître l’existence de ce phénomène et de le reconnaître comme étant une étape normale sur le chemin de la connaissance du goût.

Dans le cas où elle survient avant 18 mois et dure après 10 ans, il est recommandé de consulter un spécialiste pour dépister d’éventuels troubles du comportement alimentaire.

Comment identifier le phénomène de néophobie chez un enfant, en présence d’un aliment nouveau :

  • Rejet ferme de goûter
  • Grimaces
  • Crise de larmes
  • Tri dans l’assiette
  • Mâche très longuement
  • Passe du temps à manipuler l’aliment avec les couverts, sans accepter de goûter
  • Tourne la tête
  • Est distrait
  • Menace de vomir
  • Examine l’aliment sous tous les angles
  • Repousse le contenant

Quelles sont les causes de la néophobie alimentaire ?

néophobie alimentaire

La néophobie alimentaire chez l’enfant est un phénomène multifactoriel. En effet, chez l’enfant à cette période de sa vie, plusieurs choses se passent :

Le sentiment d’insécurité 

L’enfant ressent une angoisse au moment d’introduire dans son organisme un aliment qui lui apparaît comme étranger. Il ne se sent rassuré que lorsqu’il connaît et maîtrise ce qu’il ingère.

Le besoin d’affirmation 

Souvent appelé « phase du non ». L’enfant s’affirme en tant qu’individu en s’opposant directement à ses parents ou aux personnes représentant l’autorité dans sa conception. Cette opposition se fait aussi et souvent au moment de passer à table.

L’attrait pour certaines saveurs 

Dans le ventre de sa mère, le bébé a déjà une sensibilité toute particulière au goût du sucre. Saveur ancrée psychologiquement et qui rassure. À noter que chez l’adulte encore le sucre à ce pouvoir réconfort. De ce fait, la néophobie peut aussi se diriger vers les aliments qui ne présentent pas pour l’enfant ce caractère réconfortant. Il s’agit souvent des légumes et des protéines animales.

L’hypothèse génétique 

Récemment, la revue Obesity a souligné le caractère génétique potentiel de la néophobie. Il semblerait que certains enfants soient génétiquement prédisposés et susceptibles à l’aversion envers les nouveaux aliments.

5 astuces pour mieux gérer la néophobie de l’enfant

Quelles que soient les causes de la néophobie chez votre enfant, sachez qu’elle n’est absolument pas une fatalité. Et s’il est parfois tentant de se laisser décourager ou de s’emporter, mieux vaut prendre son mal en patience et adopter la bonne habitude pour ne pas ancrer de traumatismes dans la tête de l’enfant. Pour vous y aider, voici 5 astuces qui vous seront certainement utiles !

Intégrez vos enfants à la préparation du repas

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Des courses, au jardin, en passant par la cuisine, tout ce qu’il se passe en amont du repas est un univers avec lequel l’enfant doit être familiarisé. En effet, en matière de néophobie FAMILIARISATION est le maître mot ! Partager le moment des courses avec les plus petits peut être propice aux discussions autour de l’alimentation. Nous sommes entourés de supermarchés dont les rayons regorgent de produits qui ne demandent qu’à être découverts. Souvent, c’est l’aliment cuisiné qui suscite l’angoisse, le fait de le présenter à l’enfant dans sa forme brute peut aider l’enfant à dépasser ses peurs. Par exemple, plutôt que de lui présenter toujours en gratin, emmenez votre enfant au rayon légumes découvrir à quoi ressemble vraiment le chou-fleur.

En cuisine

De même, l’étape de la cuisine peut être particulièrement favorable à l’enfant pour vaincre ses angoisses. Pour apprivoiser les aliments, rien de tel que de s’amuser avec et de les manipuler. Le week end par exemple, et en fonction de son âge, invitez votre enfant à participer avec vous à la confection du repas. Ainsi, il pourra visualiser les étapes de préparations de l’aliment et commencer à l’accepter.

Montrez l’exemple

Rien de pire pour un enfant qui souffre de néophobie que de voir ses parents (ou ses ainés) eux-mêmes cliver les aliments en « bons » ou « mauvais ». Pour éviter cela, cuisinez autant que possible des petits plats appréciés de tous et n’hésitez pas à montrer votre enthousiasme. De même, n’hésitez pas à miser sur le phénomène d’imitation, les enfants adorent faire comme les grands. Proposez à votre enfant de goûter un petit bout, et faites-en de même. Petit à petit et même si vous vous heurtez à des refus la première fois, l’aliment en question finira par être accepté !

Un potager, une bonne idée pour que l’enfant fasse connaissance avec son environnement ?

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Un potager, petit ou grand selon la place dont vous disposez, est toujours une excellente idée pour familiariser les enfants avec leur environnement et leur alimentation. En effet, en cas de néophobie, vous remarquerez que ce sont très souvent les végétaux qui sont rejetés, et les légumes particulièrement. En prenant le temps d’apprendre à votre enfant à cultiver les légumes de A à Z, il aura le sentiment de s’être impliqué dans le processus et de les connaître parfaitement. Il les aura vu naître et grandir et pourra donc plus facilement se les approprier. Souvent, ça suffit à vaincre l’angoisse.

Créez un cadre rassurant autour du repas

Cela peut paraître logique, mais dans de nombreuses familles le repas est parfois propice aux disputes, aux éclats de voix ou aux reproches. Les enfants sont des éponges à émotions. Si le cadre du repas ne les rassure pas suffisamment alors ils seront plus propices à développer des angoisses en lien avec le cadre du repas. Et donc avec les aliments. Faites toujours en sorte que le repas se déroule dans un cadre agréable, et qu’il soit une occasion de rire et de partager tous ensemble. Si l’enfant a une représentation positive de l’acte alimentaire, alors il y a de fortes chances qu’il y trouve du plaisir.

Variez les présentations

Enfin, le savez vous peut être? Un aliment doit être présenté à l’enfant 7 à 8 fois avant d’être accepté. Ce qui n’est pas tout à fait faux ! Si votre enfant souffre de néophobie alimentaire, ne baissez pas les bras et continuez à lui présenter les aliments qu’il redoute sous des formes diverses et variées. Crus, cuits, en salade, dissimulés dans des plats, en purée, en frites, etc. N’hésitez surtout pas à faire preuve de créativité en misant sur les formes et les couleurs. Même si cela peut paraître fastidieux lorsque l’on manque déjà de temps en cuisine au quotidien. Les pizzas arc en ciel, les pommes d’amour réalisées avec des tomates cerises ou encore les visages dessinés dans l’assiette avec des légumes sont de merveilleux moyens de familiariser l’enfant avec les aliments, sans craintes ni angoisses.

En conclusion, la néophobie alimentaire est une véritable angoisse provoquée par l’alimentation et vécue par plus de la moitié des enfants. Heureusement, en tant que parents vous pouvez mieux vivre cette étape transitoire grâce à quelques astuces. Dans tous les cas, ne culpabilisez pas l’enfant. Au contraire, essayez d’ouvrir le dialogue pour mieux comprendre ses peurs et leurs sources.

Léa Zubiria, Diététicienne-Nutritionniste,

Créatrice du site Nutrition Impact

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Je suis une diététicienne-nutritionniste épanouie puisque j'aime énormément mon métier. J'ai eu la chance de vivre quelques temps en Australie, ce qui m'a permis d'aborder la nutrition de manière différente . Aujourd'hui je partage sur https://nutritionimpact.fr mes recherches et mes idées en matière de nutrition . Ce blog est pour moi un espace privilégié pour répondre aux questions les plus fréquentes que l’on me pose sur l’alimentation . Je partage également sur
https://endometriosefrance.com/ des articles santé, beauté et bien être . Des méthodes alternatives pour améliorer le quotidien et mieux gérer la douleur.
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